Il y a la musique qui se joue sur une scène, avec le bon projecteur réglé au millimètre du rien, la tonalité de l'auto-tune et les refrains ritournelles. Elle a son droit d'être, son devoir d'existence. Mais ces codes doivent avoir leur versant. La musique qui se souhaite libre, chercheuse, sans enclave ni dogme. Monter sur une scène est une émotion, un engagement. Jouer en dehors de cette norme l'est tout autant. Shoï, Mathias et Paul se situent dans le clan des expérimentateurs, s'amusant du son et ses variations pour dérouter les sens du public. L'installation se compose d'un dispositif de 6 enceintes au sein duquel ces 3 multi-instrumentistes évoluent pour mieux inverser les rôles. Ce sont à nos sens et attentions de les suivre. Chacun d'eux génère des volumes, reprend des éléments des autres membres, utilise les accidents sonores de l'environnement. Les improvisations visent à faire se compléter les bruits pour construire, à se copier pour s'unir, à ponctuer pour dialoguer.

HISTORIQUE:

En 2007, Shoï Lorillard a initié la rencontre entre Mathias Hubert et Paul Laurent en les invitant à produire le Home Concept 9. L'envie d'expérimenter une formule tous les trois était grande, et l'occasion offerte de jouer en plein air était belle : celle de capter les sons de la prairie, lieu du concert, et de s'en servir pour imprégner leur musique, dans le cadre des RME (rencontres musiques electroacoustiques de St Piat -28). À l'aide de leurs dispositifs évolutifs, et dans la continuité de leur pratique individuelle d'improvisateur, ils détournent, modifient, l’identité acoustique du lieu. Ce travail in-situ décalant notre perception du paysage sonore, induit une musique hors champs, hors temps, hors culture.


Mathias Hubert: bassiste, contrebassiste, bruitiste, improvisateur, notamment au sein de l'Orchestre du Projet Aléatoire et en solo,
http://www.myspace.com/leprojetaleatoire
Paul Laurent: multi instrumentiste et plasticien, improvisateur et compositeur de pièces électroacoustiques, travaille sur l'environnement sonore,
http://www.echoecho.fr/pl/
Shoï Lorillard: membre du collectif HAK sous le pseudo Extrasystole, travaille sur le rapport son-image (bandes son d'expos, films, pièces de théâtre, cinés-concerts) et en électronique en expérimentation ambiant et noise,
http://extrasystole-music.blogspot.com/


Les trois musiciens sont au centre, entourés du public qui est invité à tourner, se déplacer, au cœur d'un dispositif de diffusion de six enceintes. chaque musiciens diffuse donc sur deux enceintes propres en stéréo, en opposition; chacun génère des sons, reprend des sons des autres membres, utilise les sons de l'environnement, les accidents sonores qui peuvent survenir durant la prestation. Les improvisations visent à faire se compléter les sons pour construire, à se copier pour s'unir, ou encore à ponctuer pour dialoguer. Le public ne percevant pas la même chose suivant l'endroit où il se situe, est donc inviter à tourner au sein de l'espace de diffusion.
Le dispositif nécessite une arrivée électrique. Pour le reste il est autonome. Des supports pour les amplis peuvent être à prévoir pour diffuser avec plus de clarté.